Équipe Canada junior et Hockey Canada, l'heure est au bilan
- Maxime Cyr
- il y a 13 minutes
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La poussière est maintenant retombée, un peu moins d'une semaine après la victoire de la médaille de bronze par le Canada au plus récent Championnat Mondial de Hockey Junior. Il est désormais l'heure de dresser le bilan de cette édition 2026 de l'unifolié, et, voir même, de l'état du hockey canadien dans son ensemble.
Choisir son camp
Bien que les hommes de Dale Hunter aient remporté une première médaille en trois ans, les cœurs n'étaient pas du tout à la fête. C'est que, pour le Canada, toute médaille qui n'est pas dorée est plutôt un signe d'échec. Il faut donc choisir son camp. Voir le verre à moitié vide en mentionnant le fait que l'équipe canadienne n'a pas pu faire mieux que le bronze, se faisant vaincre par la Tchéquie en match éliminatoire pour la troisième année consécutive ou voir le verre à moitié plein en mentionnant que la série de tournois sans médaille s'arrête à deux. Il est aussi possible de balancer entre les deux conclusions, mais une chose est certaine, au-delà de l'échec canadien d'aller reconquérir l'or, il faut potentiellement questionner le système de Hockey Canada, mais il faut également donner crédit aux autres nations, comme la Tchéquie, la Suède et la Finlande, qui semblent, quant à eux, devenir des pépinières de talents.
Le positif
Commençons ce bilan par certains éléments positifs que l'on a pu voir au sein de l'équipe canadienne lors des dix jours du tournoi. Premièrement, on ne peut passer sous silence l'attaque dévastatrice de l'équipe qui a marqué une moyenne de 6 buts par matchs, récoltant 42 réussites en 7 petits matchs. Le fait est que les 3 meilleurs marqueurs du tournoi sont canadiens, soit Michael Hage (2-13-15), Gavin Mckenna (4-10-14) et Zayne Parekh (5-8-13). Ce dernier est d'ailleurs le nouveau détenteur du record pour le plus de points marqués par un défenseur lors d'une édition du tournoi. Il faut également reconnaitre l'efficacité de l'avantage numérique, qui a terminé au premier rang du tournoi avec un taux de réussite exceptionnel de 50%. Bien que l'offensive ait été à l'honneur pour les hommes de Dale Hunter, on peut également faire mention du succès de l'équipe en désavantage numérique, avec 86% de succès, bon pour le 2e rang dans le tournoi. À ce chapitre, Sam O'Reilly et Cole Beaudoin ont été très efficaces. La tenue globale de plusieurs joueurs a été également convaincante, outre ceux mentionnés précédemment, on peut ajouter les noms de Tij Iginla, un monstre sur le long des rampes, Brady Martin, sa blessure contre la Tchéquie semble avoir cassé les reins de ses coéquipiers. Hage a certainement été le meilleur joueur de l'unifolié et il est très près de la LNH, s'il avait été un peu plus chanceux, il aurait pu facilement atteindre le plateau des 20 points, lui qui a touché le poteau a environ une dizaine de reprises durant les 7 matchs. La tenue du gardien Jack Ivankovic a été aussi très intéressante, bien que l'état-major de l'équipe lui ait préféré Carter George lors de 4 des 7 joutes.
Le négatif
Malgré les chiffres offensifs mentionnés ci-haut, les Canadiens ont tout de même dû se contenter de la médaille de bronze. Qu'est-ce qui a fait défaut chez les hommes de Dale Hunter pour expliquer cette situation ? Beaucoup de choses. Tout d'abord, adressons l'élément le plus problématique, le jeu défensif. Alors que l'équipe débordait de talent et de joueurs capables d'enfiler l'aiguille dans un trou de la grosseur de la rondelle, l'ensemble de l'équipe, à 5 contre 5, semblait se chercher dans la zone défensive. La problème le plus flagrant venait de la relance des défenseurs. Malgré des noms très intéressants, comme ceux des Parekh, Brunicke, Reid, Danforth, Aitcheson et les autres, la défensive canadienne ne semblait pas en mesure d'effectuer une belle passe en sortie de zone. Le pire, ironiquement, était probablement Parekh, qui, malgré un tournoi exceptionnel offensivement, a été l'un des joueurs les plus frustrants à voir jouer chez les Canadiens, de par sa nonchalance. Vous me direz que Parekh est un défenseur offensif, bien sûr, mais son jeu défensif est tellement déficient qu'il faudrait peut-être penser en faire un attaquant. Il a coûté très cher au Canada dans les matchs importants de par son manque d'implication. Parlant de nonchalance, on pourrait pratiquement utiliser ce mot pour décrire la majorité de l'équipe canadienne. Une panoplie de jeux mous, de la dentelle inexplicable, des joueurs laissés seuls pendant plusieurs secondes dans l'enclave et des défenseurs adverses avec des secondes et des secondes de temps pour préparer leurs jeux. Ce ne sont que quelques exemples d'éléments qui étaient fréquemment observables durant les matchs canadiens. J'irais même jusqu'à dire que, même si le Canada avait, par miracle, réussi à remporter la médaille d'or, plusieurs, m'incluant, n'auraient pas été satisfaits de la tenue globale de l'équipe. Ajoutons les performances décevantes de Michael Misa, Carter George et Porter Martone (oui oui, malgré le fait qu'il a terminé 1er buteur du tournoi, son jeu d'ensemble semblait sans conviction) et on obtient un cocktail au goût amer pour les partisans canadiens. Il n'est pas normal que le meilleur défenseur du Canada, sur le jeu global, ait été un jeune homme de 17 ans du nom de Keaton Verhoeff, qui n'avait d'ailleurs pas débuté le tournoi dans l'alignement de l'équipe.

Creusons un peu plus
On dit souvent que la défensive gagne des championnats et que le jeu d'équipe devrait primer sur l'individualisme. C'est exactement ce que l'équipe suédoise nous a prouvé lors de son triomphe. L'effort complet de l'équipe, les replis à 5 joueurs et le positionnement défensif n'étaient que quelques éléments que l'équipe suédoise effectuait à la perfection et ça a rapporté.
Au-delà du succès suédois et de l'échec canadien, quel constat pouvons-nous faire ressortir ? À mon avis, c'est plutôt simple. Actuellement, le hockey canadien est déficient, car on tente de créer une panoplie de Connor McDavid, alors que c'est impossible. On prône le talent bien au-dessus de l'effort et voilà ce que ça donne. Des équipes qui marquent 42 buts, mais qui ne sont pas en mesure de se positionner adéquatement en zone défensive. Le programme a laissé tomber les aspects défensifs du jeu pour se concentrer davantage sur les aspects offensifs, mais, on le voit, les équipes les plus complètes remportent des championnats, pas les équipes les plus talentueuses sur papier.
En 2010 aux Olympiques, le Canada avait comme brigade défensive, Scott Niedermayer, Shea Weber, Dan Boyle, Duncan Keith, Chris Pronger, Drew Doughty et Brent Seabrook. Brodeur, Luongo et Fleury étaient les gardiens. Puis, en 2014, Drew Doughty, Shea Weber, Duncan Keith, Jay Bouwmeester, Alex Pietrangelo, Dan Hamhius, Pk Subban et Marc-Édouard Vlasic formaient la brigade défensive canadienne. Carey Price et Roberto Luonge étaient les gardiens. Aux Olympiques de 2026, la brigade défensive canadienne sera formée de Cale Makar, Josh Morrissey, Shea Thedore, Drew Doughty (37 ans), Thomas Harley, Devon Toews, Travis Sanheim et de Colton Parayko. Les gardiens seront Logan Thompson, Darcy Kuemper et Jordan Binnington. Inutile de mentionner à quel point la qualité des noms en défensive et au niveau des gardiens de but a drastiquement diminué en seulement 16 ans. Outre Makar, pas beaucoup d'autres noms auraient intégré les brigades défensives mentionnées précédemment. Il faut cesser de mettre tous les œufs dans le même panier et mieux encadrer nos gardiens et nos défenseurs afin de récupérer notre statut de meilleure nation de hockey sur glace au monde et ça commence à presser.
Constat final
Hockey Canada a du travail à faire afin de redresser l'aspect défensif du jeu. Les autres pays s'améliorent sans cesse au niveau de la défensive et des gardiens, alors que nous, au Canada, semblons tourner en rond depuis beaucoup trop d'années.
Lorsque j'étais jeune, j'ai décidé de devenir défenseur, car mon joueur préféré était Nicklas Lidstrom. J'adorais son jeu avec la rondelle, mais surtout, son intelligence et son positionnement lorsqu'il ne l'avait pas. Aujourd'hui, le joueur de hockey moyen semble vouloir être celui qui marque le plus de buts, sans tenir compte du reste. Il n'y a pas juste le fait de marquer des buts au hockey, il y a aussi le fait d'apprendre à en encaisser le moins possible. Le calcul est pourtant simple, tu peux marquer 1 seul but et gagner 1-0 si tu n'en donnes pas, mais tu peux marquer 11 buts et perdre 12-11 si tu en donnes 12...
Maxime Cyr









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